vendredi, 18 mai 2012
LA GAUCHE CONTRE LA BIEN-PENSANCE
Tout arrive, même le meilleur. De plus en plus d'esprits libres, à gauche, s'insurgent contre la dictature du droidlomisme qui, depuis 30 ans, nous précipite vers le chaos intégral au nom de ses grandes idées morales. On connaissait déjà, pour n'en citer qu'un, le journaliste Hervé Algalarrondo, du Nouvel Observateur, auteur de ces brûlots d'uné étonnante charge accusatoire contre ses petits camarades : Les Beaufs de gauche (Jean-Claude Lattès, 1994), Sécurité : la gauche contre le peuple (Robert Laffont, 2002) et La Gauche et la préférence immigrée (Plon, 2011). Voici le sociologue Jean-Pierre Le Goff qui, à son tour, attaque les bien-pensants mondialistes, dans cette interviou publiée sur le site Atlantico.fr. Un petit pas de plus vers cette grande recomposition du paysage idéologico-politique que j'attends, celle qui redistribuerait les positions selon le véritable clivage : libéraux-libertaires contre socialo-nationalistes ?
Sus au point Godwin
Publié le 15 mai 2012
François Hollande saura-t-il rompre avec la bien-pensance de cette gauche qui a étouffé le débat public ?
La gauche moralisatrice, parfois coupée des réalités, s'est coupée des couches populaires en ne dissociant pas la question sociale et les thématiques sociétales. Le Président élu devra donc rompre avec ce courant pour se rapprocher des citoyens. Se faisant, il élèvera le débat public, en évitant que "nauséabond", "heures les plus sombres de notre Histoire" et autres anathèmes deviennent des arguments pertinents.
Atlantico : Dans votre ouvrage La Gauche à l’épreuve et dans un entretien récent à Technikart sur ce qu'ils ont appelé la gauche « converse », vous fustigez une gauche « incantatoire » qui vit sur une autre planète. A quoi correspond-elle exactement ?
Jean-Pierre Le Goff : Ce n’est pas la totalité de la gauche, mais une gauche composée de gens qui vivent dans un monde à part et qui mènent un certain nombre de combats idéologiques sans se soucier du rapport à la réalité. C’est un petit milieu, une gauche moralisatrice qui donne des leçons à beaucoup de monde en plaçant le débat sous un angle qui se veut avant tout moral, ce qui met le contradicteur dans une position où il n’a pas le bon rôle.
Cela laisse peu d’espace au recul réflexif et critique, à la libre réflexion et au libre débat. Il y a un style, une posture que j’appelle « le discours mitrailleuse et l’engueulade » : on débite un discours dénonciateur et on laisse peu d’espace pour contredire ses propos, le débit oratoire étant un aspect typique de cette démarche qui vise à paralyser l’adversaire sous un flot de paroles plutôt que d’argumenter sur le fond. À gauche, cela s’est vu particulièrement dans la façon de combattre le Front national et l’UMP.
Quels types de problèmes sont ainsi occultés ?
Il y a une sorte de partie de ping-pong qui existe depuis des années, avec un certain nombre de notions lancées dans l’espace public, sur lesquelles chacun doit choisir son camp au plus vite sans savoir de quoi au juste il est question quand on parle, par exemple, de l’immigration, de l’islam, de la nation, du protectionnisme...
Comment cette gauche « bien pensante » a-t-elle grandi ?
C’est un petit milieu qui a pris de l’influence au moment du tournant des années 1980. La doctrine socialiste historique était en morceaux et la gauche a opéré un virage à la fois sur le plan économique, mais aussi sur le plan de ses références emblématiques. C’est ce qu’on a appelé la « modernisation », en 1983-1984, où il y a notamment eu une mise en avant des questions sociétales dans les domaines des mœurs et de la culture… Jack Lang est apparu alors comme l’un des personnages emblématiques de cette évolution.
Ce milieu est très présent dans un certain nombre de grands médias, et c’est occupant cette place qu’il a pesé sur la gauche. Quantitativement, il est réduit, mais il joue de son poids et de son influence en s’érigeant comme le nouveau dépositaire de l’idée de bien, à la fois le défenseur des pauvres, de la veuve et de l’orphelin, et le défenseur de tout ce qu’il y a de plus branché dans le domaine des mœurs et de la culture. C’est une conjugaison entre une espèce de dénonciation morale, qui fait comme si, à travers lui, les opprimés et les exclus avaient trouvé leur porte voix, et un modernisme pour qui le mouvement est tout, ce qui rend le débat difficile sinon impossible, car toute évolution devient synonyme de progressisme.
Cela a mené à une sorte de chantage des plus sommaires : soit vous êtes à la fois pour la défense des pauvres, des dominés, des minorités, en même temps que modernistes et branchés, soit vous défendez les riches et les puissants et êtes ringards sur le plan culturel et des mœurs.
A-t-elle un réel impact dans l’opinion ?
Les couches populaires et les citoyens ne rentrent pas dans ce champ-là et ne se posent pas ces questions. Mais cette gauche-là ne doit pas être confondue avec toute la gauche, car il y a des gens, notamment les élus, qui sont confronté à la réalité sociale et sont largement en dehors de ce milieu. Mais l’influence dans les médias a contribué à couper la gauche des couches populaires en donnant l’image d’un milieu bien-pensant coupé des préoccupations des citoyens ordinaires.
La gauche, depuis 30 ans, a présenté dans un seul bloc indissociable la question sociale et la question des mœurs. Or, précisément, il s’agit de dissocier ces questions. Des gens peuvent se considérer de gauche sur la question sociale, mais pas sur les questions dites de société. Je pense qu’il y a une prise de conscience nouvelle au sein du parti socialiste et de la gauche en général, avec des gens qui pensent qu’il ne faut pas renouer avec cette bien-pensance qui date des années 1980. La question est de savoir si François Hollande va accomplir ou non cette rupture.
Ce que je crains, c’est le retour dans le champ intellectuel et du débat public, de ces fausses oppositions et de ces chantages qui font que l’on ne peut plus discuter librement. Par « librement », je ne parle pas de subjectivité débridée, mais d’un examen des problèmes avec un recul réflexif et critique. Beaucoup de débats intéressants sont immédiatement instrumentalisés sur le plan politique et deviennent méconnaissables. Nombre d’intellectuels se retrouvent dans une situation difficile, car les débats sont d’emblée imbriqués dans la polémique politicienne à visée électoraliste. Des deux côtés d’ailleurs. On se trouve confronté à une situation où la liberté intellectuelle et la qualité du débat public sont en cause. Il y a dans certains médias un type de journalisme qui est devenu militant, mais qui ne le voit pas car pour lui les idées qu’il professent font partie de l’ « air du temps » qui lui paraît naturel, surtout s’il vit en milieu fermé.
Un gouvernement de gauche plurielle peut-il améliorer la situation ?
Il y a chez certaines femmes et hommes politiques de gauche une tendance à la dénonciation, au « discours mitrailleuse » et à la posture « donneur de leçons ». Mais pour l’instant, il est difficile de savoir comment les choses peuvent évoluer. Le débat public s’est considérablement dégradé. Mais ce n’est pas seulement de la faute de la gauche : sur la question de l’identité nationale, la création du fameux ministère a été une erreur, une faute, le discours de Grenoble aussi…
Ou François Hollande s’affirme comme président de la République et donc se place au dessus du Parti socialiste, de ses courants, et de la gauche et alors on verra ce qui se passe. Ce que j’espère, c’est qu’on pourra revenir à un débat où l’on pourra discuter sereinement de questions comme celles de la laïcité, de l’islam et des religions, de l’immigration, du protectionnisme, de la spécificité de héritage européen…, sans être immédiatement accusé d’être nationaliste, xénophobe, chauvin, ringard ou autres mots marqueurs qui servent de repoussoirs en évacuant les questions de fond.
Si c’est une posture naturelle pour certains, comment François Hollande pourrait-il la rompre ?
À lui de trancher la question en toute autonomie en sachant que dans sa fonction, il ne représente pas un clan ou telle ou telle catégorie, mais le pays tout entier, l’ensemble des citoyens. Une partie de la société vit, selon moi, dans un ethos dégradé. Par ethos, j’entends un arrière fond composé de valeurs, de représentations, de comportements qui imprègnent plus ou moins consciemment la société. Aujourd’hui, l’expression de la subjectivité débridée, la dénonciation victimaire avec une logique de recherche de boucs émissaires et de plainte en justice se sont répandues dans la société. Si bien qu’une suspicion généralisée s’est répandue dans les rapports sociaux. Ce climat n’est pas sain pour la démocratie. Des politiques surfent sur ethos dégradé pour essayer d’en tirer quelques profits électoraux. C’est ainsi que la politique et le débat public se dégradent. Ce dont nous avons besoin c’est d’une politique et d’une citoyenneté éclairées contre la confusion et les démagogies d’où qu’elles viennent.
Propos recueillis par Morgan Bourven
Jean-Pierre Le Goff est philosophe, écrivain et sociologue. Il est l'auteur notamment de La Gauche à l'épreuve 1968-2011(éditions Perrin). Il préside le club Politique Autrement qui explore les conditions d'un renouveau de la démocratie dans les sociétés développées.
14:35 Écrit par Le déclinologue dans Documents, France, Tableau d'honneur | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-pierre le goff, france, gauche, droidlomisme, société |
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mercredi, 16 mai 2012
HOLLANDE : PREMIÈRE JOURNÉE, QUATRE PREMIÈRES FAUTES
En cette journée du 15 mai 2012, la première de son mandat présidentiel, François Hollande a déjà commis pas moins de quatre fautes importantes.
La première a consisté à prononcer à l’Élysée, dès la passation des pouvoirs, un court discours qui s’entendait surtout comme une critique du sarkozysme. Après un bref bilan très sévère de l’état de la France, Hollande reprenait la thématique de la déjà célèbre tirade du débat, « Moi, Président de la République, je… », insistant sur le rassemblement et réconciliation, l’exemplarité, le refus de l’omniprésidence, la « scrupuleuse sobriété dans le comportement », l’impartialité dans les nominations : autant d’accusations en creux contre les pratiques présidentielles de Sarkozy. Cette coloration directement polémique du discours était confirmée par la péroraison : énumérant tous ses prédécesseurs de la Vème République pour rendre un hommage spécifique à chacun, il se contentait, s’agissant du dernier, de lui adresser ses meilleurs vœux pour sa nouvelle vie, ce qui résonnait comme une insolence sous le masque d’une fausse urbanité. N’ayant jamais adhéré au mythe funeste de la « France unie », et tenant la recherche permanente du « clivage » pour l’une des rares bonnes choses du sarkozysme, je ne conteste pas à un Président de la République le droit d’avoir des opinions arrêtées, et je ne suis pas choqué quand il rappelle qu’il entend mener une politique conforme à une certaine idéologie. Mais tout ne peut pas être dit n’importe où et n’importe quand. Il y a des circonstances où on peut prononcer des discours « clivants », et d’autres où on doit prononcer des discours œcuméniques. L’investiture présidentielle est par excellence une circonstance de la seconde catégorie : cette petite cérémonie dans laquelle le nouveau Président est solennellement proclamé, et revêtu du collier de Grand-Maître de la Légion d’honneur (même s’il ne fait que le regarder depuis Giscard d’Estaing), est un succédané du sacre des rois. C’est le moment où la personne du Président se dissout dans la fonction. En profiter alors pour humilier son prédécesseur, et attaquer de front les convictions des 48,36% de suffrages exprimés qui ont voulu le réélire, est la dernière chose à faire. Il y a même un funeste aveuglement, dailleurs parfaitement typique de la gauche, à donner dans le sectarisme au nom même du rassemblement. Sans doute en verrons-nous bien d’autres exemples dans les cinq ans à venir.
Un peu après dans la journée, le nouveau Président rendit hommage à Jules Ferry en prononçant un autre court discours au pied de sa statue du jardin des Tuileries. Un choix original, qui permet de mettre l’accent sur deux priorités du nouveau Président : l’éducation et la laïcité. De fait, le 6 mai, il avait annoncé que son action pour la jeunesse était l’un des deux critères sur lesquels il proposait d’être jugé au terme de son quinquennat (avec son action en faveur de la justice). Malheureusement, la France d’aujourd’hui est ce qu’elle est, et il n’est à peu près aucun personnage qu’on ne puisse pas, d’une manière ou d’une autre, relier aux heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire. Pour beaucoup de droidlomistes hystériques, le nom de Jules Ferry suscite, en un réflexe pavlovien, l’accusation de racisme et de colonialisme. François Hollande avait là une excellente opportunité de marquer d’emblée son indépendance par rapport aux lobis communautaires qui pourrissent le débat public. Las ! il a choisi de leur céder dès le premier jour : « Je n'ignore rien de certains de ses égarements politiques. Sa défense de la colonisation fut une faute morale et politique. Elle doit, à ce titre, être condamnée ». Le signal est clair : tout ce qui, d’une manière ou d’une autre, rappelle une attitude non « équitable » de nos ancêtres à l’égard des peuples étrangers doit faire l’objet de notre repentance. (Je reviendrai sur cette relance du chantage à la repentance coloniale dans un prochain article). Certes, l’heureux choix de Jules Ferry tranche sur les icônes habituels de la gogôche : Jaurès (néanmoins cité dans le discours), Victor Schœlcher, Gandhi, Aimé Césaire, Nelson Mandela, Martin Luther King et autres héros de la fraternité inter-raciale. Mais le nouveau Président a aussi rendu hommage, une heure plus tard, à Marie Curie. Comme il n’a pas prononcé de nouveau discours à cette occasion, le doute reste permis, et on peut penser qu’il a voulu honorer la chercheuse, ce qui fait paire avec Jules Ferry, l’un ayant cherché à donner un savoir élémentaire à tous les petits Français, l’autre ayant élevé le savoir au plus haut niveau d’excellence : la pyramide du système éducatif, en quelque sorte. Mais il est impossible de ne pas voir en Marie Curie aussi une femme et une immigrée : si F. Hollande avait osé rendre hommage à Lavoisier, Laplace, Claude Bernard, Pasteur ou Henri Poincaré, il eût fallu s’incliner bien bas devant cette reconnaissance désintéressée de la pure recherche scientifique. Mais avec Marie Curie, on ne peut guère s’empêcher d’entendre un message politique, c’est-à-dire la promotion de ces minorités sanctifiées par les droidlomistes, à qui nous devons rendre grâce de venir contrebalancer l’odieuse tyrannie du mâle blanc français de souche. Et c’est bien l’explication fournie par Vincent Peillon dimanche sur Radio J : il faut y voir l'affirmation « du respect d'une femme », d'une personne « d'origine étrangère accueillie en France et qui aujourd'hui fait partie de la fierté commune française », du « progrès scientifique » et du « rayonnement de la France ». Bref, une gratitude exprimée à « l'intelligence qui vient de l'étranger ».
La troisième erreur de la journée, selon moi, réside dans le choix de Jean-Marc Ayrault comme Premier Ministre. D’une part, il n’a aucune expérience ministérielle, à l’instar de F. Hollande. Si ce n’était le cas que de l’un des deux, ce ne serait pas trop grave. Mais que ce soit le cas des deux têtes de l’exécutif à la fois, c’est un peu gênant, tout de même. D’autre part, M. Ayrault a fait l’objet d’une condamnation, en décembre 1997, à une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis et 4 600 € d’amende pour délit de favoritisme dans l’attribution d’un marché public par la municipalité de Nantes. Or F. Hollande avait annoncé il y a un mois qu’il ne nommerait pas des personnes jugées et condamnées ! Il y a donc, dès le premier jour, une entorse flagrante aux propres règles qu’il a posées. Je note par ailleurs que Jean-Marc Ayrault est plus vieux (de quatre ans et demi) que François Hollande. Ce cas de figure est quasiment unique sous la Vème République : seul Raymond Barre a été un Premier Ministre plus âgé que son Président, en l’occurrence V. Giscard d’Estaing (d’un peu moins de deux ans), mais il était totalement inconnu du grand-public avant sa propulsion à Matignon (comme Pompidou). On verra si leur relation en est affectée. Il est vrai qu’Hollande n’avait qu’un éventail restreint à sa disposition. Manuel Valls eût été un choix intéressant et audacieux, peut-être trop audacieux. À la place du Président, j’aurais sans doute nommé son vieil ami Michel Sapin, déjà ministre délégué à la Justice dans le gouvernement Cresson, ministre des Finances sous Bérégovoy et de la Fonction publique sous Jospin.
Enfin, la quatrième erreur a été de se rendre si vite chez la chancelière allemande Angela Merkel. Certes, la gravité de la situation économique et l’importance des décisions à prendre bientôt imposait une rencontre assez rapide pour prendre contact et entamer un nouveau « dialogue franco-allemand ». Mais cette façon de se précipiter à Berlin avant même de s’être installé dans son bureau de l’Élysée donne une image calamiteuse : non pas Canossa comme on l'a dit par hyperbole polémique, mais plutôt l'image d’un adolescent qui, le jour de sa majorité, court demander la bénédiction parentale pour se voir confirmer l’autonomie que la société lui reconnaît officiellement. Ou d’un étudiant qui, devenant à son tour professeur, va consulter son vieux maître pour savoir comment mener son premier cours. Il paraît que, pendant de longues années après l’indépendance des pays africains, tout nouveau chef d’État avait pour premier geste de venir rendre une visite à Jacques Foccart, dans sa villa de Luzarches, pour s’y faire adouber. On songe aussi au film Le Président, avec sa forte scène d’une visite nocturne que le Président du Conseil désigné, Philippe Chalamont (Bernard Blier) doit faire au vieil Émile Beaufort (Jean Gabin), pour convaincre celui-ci de ne pas mettre de véto à sa nomination… La diplomatie est aussi (et peut-être dabord) une affaire de signes, et celui que François Hollande vient d’envoyer est pour le moins maladroit. Il jure totalement avec sa volonté affirmée de contrecarrer l’hégémonie allemande en Europe et de renégocier le pacte de stabilité si obstinément voulu par Mme Merkel. Celle-ci, contre les usages établis, l’avait snobé pendant la campagne. Il fallait donc lui rendre la monnaie de sa pièce, en la battant froid pendant quelques jours avant de l’inviter à Paris. Au contraire, aller dîner chez elle, quand on n’a pas encore une seule fois dîné à l’Élysée en tant que maître des lieux, c’est donner l’image d’un rapport de subordination, qui est de bien mauvais augure pour la suite du quinquennat.
22:40 Écrit par Le déclinologue dans Chronique politique, France | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : hollande, jules ferry, sarkozy, ayrault, merkel |
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dimanche, 13 mai 2012
Aperçu critique : L'INFAMIE, par Jean-Denis Bredin
12 mai 2012.
En me promenant dans le rayon librairie d’un hypermarché, j’aperçois un petit livre de M. Jean-Denis Bredin qui vient de paraître chez Grasset : L’Infamie. Le procès de Riom, février-avril 1942. Je l’ouvre et je tombe sur des pages qui ont l'air de simplement reproduire les propos des accusés. Cet opuscule m’inspire deux réflexions, qui certes ne sont pas d’une originalité bouleversante.
La première est une question : Qu’est-ce que ce livre peut bien apporter au lecteur… et à son auteur ? Né en 1929 (donc âgé de 83 ans cette année), M. Bredin est un avocat réputé (fondateur avec Robert Badinter d’un des cabinets d’avocat les plus cotés de la capitale), membre de l’Académie française depuis 1989, qui a depuis longtemps conquis ses galons d’historien, avec des biographies qui font référence, consacrées à Joseph Caillaux, Emmanuel Sieyès et Bernard Lazare. Il est aussi l’auteur d’un gros livre (850 pages) sur l’affaire Dreyfus (L’Affaire, Julliard 1983 puis Fayard 1993) qui, sans apporter du nouveau, reste la somme la plus complète sur le sujet. Il y a dix ans, il consacrait un livre au procès de Mendès sous l’Occupation : Un tribunal au garde-à-vous. Le Procès de Pierre Mendès-France, 9 mai 1941, Fayard, 2002. Ce procès était en effet peu connu, et en 400 pages, on peut supposer que Bredin le traitait avec l’ampleur nécessaire. Mais le procès de Riom ! Le procès de Riom est très connu, et il ne manque pas d’ouvrages qui lui sont consacrés. Si on va voir, dans une bonne bibliothèque, le secteur de l’Occupation, on apercevra sur le procès de Riom un livre de Pierre Béteille (Plon, 1973), un de Frédéric Pottecher (Le Procès de la défaite, Fayard, 1989) et surtout celui d’Henri Michel, un grand spécialiste de la période (Albin Michel, 1979), qui semble le plus complet, avec ses 400 pages bien denses. M. Bredin a-t-il découvert un gisement d’archives inédites ? A-t-il vraiment un point-de-vue original à faire entendre sur ce sujet déjà bien balayé ? Comment peut-il prétendre apporter du nouveau avec ses petites 170 pages clairsemées !! Il y a fort à parier que l’apport historiographique de cet opuscule est nul, et qu’il s’agit uniquement d’une commande d’éditeur, exécutée en vitesse pour être publiée au moment du septantième anniversaire, qui promet un bon dossier de presse. D'où bonne vente pour l'éditeur, et bon coup de pub pour le signataire ! L’acharnement des vieux auteurs à continuer à exister, en faisant paraître jusqu’à leur dernier souffle des titres qui déshonorent leur bibliographie mais les maintiennent en vie, est un spectacle à la fois comique et pathétique. Le cas le plus saisissant est celui d’Henri Troyat, qui dans les vingt dernières années de sa vie (entre 75 et 95 ans !) a fait paraître une petite vingtaine de biographies, presque toutes inutiles puisque concertant des personnages déjà biographés dix fois avant lui (Flaubert, Maupassant, Zola, Baudelaire, Balzac, Raspoutine, Alexandre Dumas…), toutes sans intérêt puisque se contentant de compiler les sources déjà disponibles, voire les plagiant carrément dans un cas au moins (Juliette Drouet). M. Bredin prend-il le même chemin ? En 2014, fera-t-il paraître un livre de cent pages sur la Libération de Paris ? En 2015 un autre sur la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, et en 2016 encore un autre sur le procès de Nuremberg, tous du même format ? Vite écrits, vite lus (voire pas lus du tout), mais tous célébrés à grands coups de trompe par la presse complaisante ?
La seconde réflexion est suscitée par le titre. L’Infamie. Voilà bien un trait de cette époque : l’incapacité à rester objectif sur certains sujets. Même un ouvrage qui se présente comme un livre d’histoire n’a aucune gêne à se coiffer d’un titre qui est un pur jugement moral. Monsieur Bredin n’a sans doute même pas conscience qu’avec un tel titre, il retire son livre du champ de l’historiographie pour l’inscrire dans le genre du pamphlet. Principe contemporain : ce n’est pas manquer à l’objectivité que de blâmer le fachisme. Notez aussi l’article défini : le procès de Riom n’est pas une infamie parmi d’autres, c’est l’infamie, l’infamie par excellence, l’essence même de l’infamie. Bientôt, sans doute, une biographie de Hitler s’intitulera : Le Monstre ; un reportage sur le F.N. : Le Parti des ordures ; une étude sur le gouvernement de Vichy : Une belle bande de salauds ; une enquête sur les massacres de Sétif : L’Horreur absolue. Ah non, pardon, le mot « absolu » est réservé à la Choa. Attention : les hyperboles sont autorisées (et même recommandées) pour évoquer les innombrables méfaits commis par les multiples têtes de l’hydre fachiste, mais les termes exprimant un superlatif absolu sont la propriété exclusive du Crime des crimes. Qualifier d’absolue une autre horreur que le génocide des juifs serait relativiser celui-ci, et le relativisme, comme on sait, n’est que l’antichambre du négationnisme.
En cherchant sur la Toile quelques commentaires sur ce livre encore tout chaud, je tombe sur une brève notice très représentative de la confusion des esprit. « En revenant point par point sur l'affaire, des prémices au dénouement final, l'auteur ressuscite, en même temps qu'une situation politique française chaotique, le mystère d'un "procès-fantôme" ». Si l’auteur de cette notice croit qu’on peut, en seulement 170 pages à la typographie aérée, restituer « point par point » le procès de Riom tout en l’expliquant par son contexte historique, il se fait une piètre idée du travail de l’historien. « Se faisant l'avocat acharné de la réalité, l'auteur donne la parole aux principaux accusés ». L’avocat de la réalité, fichtre ! Mais alors, si les accusés étaient la réalité, qu’étaient les accusateurs ? Le fictif, le virtuel, l’imaginaire, le fantastique ? La plume de ce rédacteur anonyme va très loin : les ennemis de Vichy n’incarnent pas seulement le Bien, comme on l’avait compris depuis longtemps, ni même le Vrai, comme on s’en doutait aussi, ils incarnent… le Réel. Le discours fachiste n’est pas seulement ignoble et inhumain, il est étranger à notre monde, il procède d’une autre dimension. Au fait, comment comprendre que J.-D. Bredin « donne la parole aux accusés » ? Est-ce qu’il la réinvente comme les historiens antiques prêtaient des discours aux dirigeants grecs et romains, ce qui, à nos yeux modernes, ferait de son livre une sorte de reconstitution romancée ? Ou bien est-ce qu’il a tout simplement copié-collé les actes du procès ? Moyennant quoi son livre serait une imposture, se faisant passer pour une étude historique alors qu’il ne serait qu’un dossier documentaire (ce qui serait sans doute fort utile, dailleurs, mais à condition d’être complet, tout en rendant le titre encore plus inacceptable). Et pour ce qui est de donner aussi la parole aux accusateurs, je suppose qu’il ne saurait en être question ? Je vous demande pardon de me laisser traverser par une idée aussi incongrue, voire aussi scandaleuse. Car le but n’est pas de se faire une idée globale et impartiale de cette séquence judiciaire, mais uniquement de recharger nos batteries droidlomistes, n’est-ce pas ?* Enfin le pompon se trouve dans la dernière phrase de la notice : « Avec précision et minutie, et s'efforçant de privilégier une objectivité souveraine, Jean-Denis Bredin élève le document historique à la hauteur de l'épopée. » Ainsi, pour les gens de histoire.foxoo.com, on peut se vouloir objectif en donnant dans la résurrection à la Michelet et en confinant au style épique, – ce qui est une curieuse conception de l’historiographie ; et surtout on peut se vouloir objectif en adoptant la démarche de l’avocat, et même d’un avocat acharné, – ce qui est la marque d’un esprit complètement perverti. Voilà une magnifique preuve de ce que je disais plus haut : prendre le parti de l’antifachisme, ce n’est pas prendre parti, c’est rester neutre. On peut plaider en faveur des accusés de Vichy et simultanément montrer l’objectivité d’un juge. Ce n’est pas incompatible, et même ça va naturellement ensemble. Que ce soit clair : dénoncer l’infamie fachiste, c’est dire le Bien universel, c'est énoncer le Vrai. Demain, sans doute, instituera-t-on des « journées de la haine », comme dans 1984 d’Orwell, mais au nom des Droits de l’Homme et pour fortifier la Démocratie, bien sûr. En attendant, comment pourrait-on ne pas prodiguer force éloges à cet admirable M. Bredin, qui déploie tant de talent pour aider les jeunes générations à accomplir leur devoir de mémoire ? Quoi de plus salubre que de leur montrer toute la honte qu’appelle cet épisode qui compte parmi les heures les plus sombres de notre histoire ?
* Ça me rappelle une visite dans un musée lyonnais qui se pare du nom de « Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation ». On y propose notamment un documentaire de 45 minutes sur le procès de Klaus Barbie, à partir des archives vidéo du procès. Mais les images qui nous sont proposées sont pour l’essentiel extraites des dépositions des témoins à charge. À aucun moment on ne nous propose le moindre extrait des dépositions des témoins à décharge, ni des contre-interrogatoires menés sur les témoins à charge par les avocats de la défense, ni des plaidoiries de ceux-ci. Je ne sais ce qu’a été réellement le procès Barbie, mais j’ai pu voir que ce documentaire en donne l’image du pire des procès staliniens : le verdict était déjà écrit avant même l’ouverture, les séances avaient pour unique finalité de justifier celui-ci, les juges ne se distinguaient pas des accusateurs. Belle façon d'éveiller les élèves du secondaire (la cible privilégiée) à l'idée de Justice ! C’est que, nous dira-t-on, ce musée n’est pas un lieu d’histoire (malgré son nom), mais un lieu de mémoire. La « mémoire », beau mot que notre époque utilise pour désigner la propagande rétrospective, pour ne pas dire le bourrage de crâne historique. Dailleurs les responsables du C.H.R.D. poussent l’ingénuité, ou l’effronterie, jusqu’à avouer leurs intentions idéologiques. Ainsi, sur une page du site du musée, on peut lire : « L'intention première des fondateurs historiques du CHRD, anciens résistants et déportés, était de pérenniser la mémoire de ce qu'ils avaient vécu pour la transmettre aux jeunes générations. Afin d'y parvenir, ils se sont engagés auprès des professionnels du musée, en jouant un rôle actif dans la vie de l'établissement. En continuant aujourd'hui encore à livrer leur témoignage devant des classes de collégiens et lycéens, ils ont fait du Centre un lieu vivant de rencontres. Mais l'éloignement inéluctable du souvenir de la Seconde Guerre mondiale, qu'ils incarnent avec force et sagesse, conduit aujourd'hui le musée à redéfinir ses enjeux et finalités. En accord avec les principes défendus par ses fondateurs, le CHRD accorde une large place aux valeurs de la Résistance, en programmant des séminaires, des rencontres, des expositions, centrés sur l'actualité des droits de l'homme et le parcours d'individus engagés. Il doit également prendre en compte, et intégrer dans son exposition permanente, les progrès de la connaissance historique. » Si vous savez lire, vous avez compris ce que cela signifie : ‘on est là pour bourrer le mou des jeunes afin d’en faire de parfaits petits droidlomistes bien conformes à notre moule. Mais comme on est malin, on le fait sous couvert d’histoire’.
02:43 Écrit par Le déclinologue dans France, Histoire, Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : procès de riom, occupation, vichy, bredin, centre d'histoire de la résistance et de la déportation, procès barbie, devoir de mémoire, propagande, orwell, droidlomisme |
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dimanche, 06 mai 2012
SOIR D'ÉLECTION
6 mai 2012
Télévision entre 20h et 21h.
Des images de la foule rue de Solférino : au milieu des drapeaux français et socialistes, j'aperçois un drapeau marocain.

Des images de la foule place de la Bastille : là, j’aperçois au moins un drapeau rouge, deux drapeaux LGTB, mais aussi : un drapeau tunisien, un algérien, un berbère, un uruguayen (!), un malien, un côte-d’ivoirien, un libanais et plusieurs palestiniens.
Un peu avant, discours de Sarkozy à la Mutualité, au milieu des insupportables militants qui poussent des clameurs à la fin de chaque phrase. Sur un drapeau tricolore agité par une militante, la bande blanche centrale porte une inscription en rouge : "We ♥ Sarko". Truffer d'anglicismes son langage quotidien, par conformisme, par lâcheté, par paresse : ça me révulse, mais je le comprends. Alors qu'un soi-disant patriote qui écrit en anglais sur un drapeau français, là ça me dépasse.
Voilà la France d’aujourd’hui : des métèques d'un côté et des yanquis de l'autre...

(Cette dernière image ne date pas du 6 mai 2012 et ne correspond pas exactement à ce que j'ai vu. Elle n'est donnée qu'à titre d'exemple analogue).
21:53 Écrit par Le déclinologue dans Chronique politique, France, Immigration, Mœurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : élections, français, colonisés, 6 mai 2012, hollande, sarkozy |
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mardi, 24 avril 2012
LETTRE OUVERTE À NICOLAS SARKOZY
Le 24 avril 2012
Monsieur le Candidat,
Au soir du premier tour des élections présidentielles, vos premières déclarations, ainsi que celles de tous les caciques de votre parti, ont fait passer un message clair : les électeurs qui ont voté au 1er tour pour Marine Le Pen doivent voter pour vous au 2nd. Cette exhortation, il faut l’avouer, est dans la droite ligne de votre campagne depuis quelques mois, qui elle-même reprenait l’axe directeur de votre campagne victorieuse de 2007.
Je me sens concerné par votre appel, puisque je fais partie des 18 % des votants qui ont voté pour Marine Le Pen. La forme de cet appel a néanmoins sonné désagréablement à mes oreilles, puisque vous et vos soutiens avez répété que vous avez entendu ce cri de « la France qui souffre ». Je ne souffre pas plus qu’un autre, Monsieur le candidat ! Mon vote n’a pas été un cri de détresse mais un choix résolu. [Pour tout vous dire, je suis de sensibilité bonaparto-gaulliste, et c’est pourquoi j’ai toujours voté pour le Front National depuis 1986. Il est en effet évident à mes yeux que le parti soi-disant gaulliste n’a eu de cesse de tourner complètement le dos à ses principes fondateurs depuis que Jacques Chirac s’en est emparé en 1974, – sauf lors du bref épisode de l’appel de Cochin fin 1978. Les rares personnalités qui tentaient de faire vivre l’héritage gaulliste, comme Marie-France Garaud et parfois Philippe Séguin, ont été vite marginalisées. Quant à l’antagonisme historique entre les cadres fondateurs du F.N. et le général de Gaulle, né de la double erreur des premiers (soutien à Vichy et à l’Algérie française), je l’ai toujours considéré comme un malentendu quasiment anecdotique. L’écoulement des années me donne raison, qui éloigne ce passé douloureux pour laisser intacts des idéaux communs contre des ennemis communs.] En interprétant mon vote comme un appel au secours ou l’expression d’un malaise, vous adoptez la même mentalité que ces bonnes consciences de gauche qui, incapables de concevoir qu’on puisse avec intelligence et lucidité soutenir des opinions qu’elles taxent de « fachisme », ne veulent voir dans le vote FN qu’un pur symptôme psycho-pathologique. Ce mépris avec lequel vous me regardez est donc un très mauvais signe.
Je veux bien néanmoins passer outre et jeter un coup d’œil global sur votre bilan pour voir si vous méritez que je vote pour vous au second tour.
La première chose qui me vient à l’esprit, c’est votre personne, que vous avez théâtralement mise en avant tout au long de votre carrière. Le moins qu’on puisse dire est que vous avez abimé la fonction présidentielle. Tout le monde a en mémoire votre grossièreté allant jusqu’à l’insulte la plus éhontée, votre parler relâché, vos fautes de français, vos manières de parvenu, votre goût vulgaire de nouveau riche pour l’épate, plaisamment qualifié de « bling-bling ». Au lendemain de votre élection, il y a cinq ans, le bruit avait couru que vous vouliez prendre une retraite pendant quelques jours, pour vous pénétrer dans le silence des devoirs de votre nouvelle charge. Idée de génie, qui s’inspirait de la seule bonne chose qu’ait laissée F. Mitterrand : la marque d’une certaine densité personnelle. Mais patatras ! vous n’avez fait que bronzer sur le yacht du milliardaire Bolloré, comme n’importe quel pipol habitué de la rubrique « gens » de Paris-Match. Et quand on apprend maintenant que ce serait la faute de votre ex-femme que vous vouliez reconquérir, on se pince : quelle est la hiérarchie de vos priorités ?! Que vous vous soyez marié trois fois (la deuxième fois avec une femme se disant fière de n'avoir « aucune goutte de sang français dans les veines » : Libération, 8 juillet 2004) ne donne dailleurs pas une haute idée de votre constance. Plus grave : votre fils de quinze ans ne trouve rien de mieux à faire pour se distraire que de lancer des légumes sur des gendarmes dans la cour de l’Élysée ! À quinze ans, pas à sept ans ! Mais comment l’avez-vous donc éduqué, ce gamin, vous qui promettiez de karchériser la racaille ? Quel respect des forces de l’ordre… et quelle maturité de faire un tel geste en pleine campagne présidentielle de son père !! Lui avez-vous transmis autre chose que votre culot ?... Votre superficialité, peut-être ? : en ce qui concerne votre troisième femme, on a appris que vous l’avez rencontrée… chez Jacques Séguéla, à qui vous aviez demandé de vous organiser un dîner pour vous désennuyer. Jacques Séguéla !! le symbole de l’image, de la pub, du baratin, du toc, la vulgarité incarnée…. Quel homme êtes-vous donc, Monsieur le Président, pour que, tout en assumant les destinées de la France, vous éprouviez le besoin de vous faire distraire par cette sinistre enflure cuite sous les UV ? Il est vrai que quand on est capable de se faire accompagner du pétomane J.-M. Bigard pour rendre visite au pape, c’est qu’on n’a aucun goût, aucun sens des convenances, aucune idée des devoirs de la couronne. Il ne manquait au successeur de Louis XIV, de Napoléon et de Gaulle que de passer un ouiquenne à Eurodisney, comme n’importe quel plouc américanisé… ce que vous ne manquâtes pas de faire en décembre 2007. Êtes-vous un Français ou un États-Unien ? On peut se poser la question, depuis qu’on vous a vu faire votre trottine dans les rues de la Nouvelle-York, arborant fièrement un maillot « N.Y.P.D. » à l’instar d’un vrai Yanqui. Non, décidément, il y a des choses qui ne passent pas. Le Président de la République française est un monarque, ce n’est pas un « manageur ». Ce n’est pas vous qui avez fait quelques erreurs stratégiques, c’est votre personne tout entière qui est une erreur. On a maintes fois rapporté votre vœu d’abandonner la politique, une fois votre mandat terminé, pour « faire de l’argent dans le privé ». Voilà qui est encore plus accablant que tout le reste. Servir la France n’aura pas été pour vous une vocation, une mission, un sacerdoce, mais seulement une étape dans votre C.V., une façon parmi d’autres de défouler votre besoin névrotique de brasser du vent, une activité aussi distrayante que de jongler avec les capitaux. Or la France est un vieux pays catholique qui déteste l’argent, et pour prétendre à la magistrature suprême, il vaut mieux se pénétrer des œuvres de Péguy et Bernanos que de copiner avec Bill Gates et Tom Cruise. Vous avez augmenté votre salaire de 140 %, et proclamé que vous assumiez totalement cette augmentation. Décidément, le sens du sacrifice au bien public ne vous étouffe pas ! Le président bolivien Evo Morales, lui, a diminué son salaire de moitié. Son peuple doit être fier de lui, alors que vous nous faites honte. Savez-vous qu’un de vos prédécesseurs, Raymond Poincaré, est sorti ruiné de l’Élysée, parce qu’il avait tenu pendant sept ans à affranchir tout son courrier à ses frais ? Et Gaulle vivait chichement de sa retraite de militaire, après sa démission de 1946, ayant refusé les aides spéciales que le gouvernement lui proposa. À l’inverse, votre mandat présidentiel aura été une excellente affaire pour vous, puisque votre patrimoine a crû de 30% en cinq ans. Nul ne doute que vous saurez désormais faire fructifier votre carnet d’adresses et vous faire payer grassement aux quatre coins du monde.
De ces quelques éléments qui envahissent la mémoire se dégagent deux traits : vous aimez l’argent et vous avez une tournure d’esprit plus américaine que française. S’agit-il de traits purement personnels, ou bien des fondements de votre politique ?
Hélas, c’est la seconde réponse qui est la bonne.

Pour le premier point, je n’ai pas besoin de reprendre ce que tout le monde a compris : vous avez été le président des riches. Votre quinquennat a été d’emblée grevé par l’inepte « bouclier fiscal » qui, sous des prétextes moralisants, n’avait pour but que de permettre aux riches d’accumuler toujours plus de richesses. Vous aviez fait campagne sur la revalorisation du travail, mais vous avez diminué les droits de succession, pour mieux permettre aux héritiers de jouir de l’effort de leurs parents sans se fatiguer eux-mêmes. Je n’ai pas la compétence pour décider, dans l’augmentation du chômage et la diminution du pouvoir d’achat, ce qui vient de votre politique et ce qui vient de la crise économique. Ce qui me frappe, c’est que vous avez le culot d’en appeler à nouveau aux petits, aux sans-grade, alors que vous êtes évidemment le candidat chéri du grand patronat. Je laisse à d’autres le soin de développer ce chapitre, qui ne m’intéresse que médiocrement et que je tiens pour secondaire. En tout cas, il est loin, l’idéal de la participation !
Pour le second point, qu’il suffise de dire que vous avez réintégré la France dans l’OTAN, c’est-à-dire que vous avez inféodé sa défense à celle des EUA. L’anti-atlantisme était pourtant une des constantes de la politique française depuis cinquante ans, et F. Mitterrand lui-même avait confié que nous étions secrètement en guerre contre les États-Unis. Vous avez renié cet héritage. Voilà une trahison colossale, qui a mes yeux pèse infiniment plus que tout ce que peut avoir de critiquable votre politique fiscale : le destin d’un pays se joue dans ses orientations géopolitiques, et pour le reste « l’intendance suivra ». Que retenir d’autre de votre politique internationale ? Vous n’avez pas su mener la « diplomatie des droits de l’homme » que vous annonciez il a cinq ans, comme le montre votre pitoyable copinage avec Kadhafi en début de mandat. Je m’en réjouis bien sûr, mais cette ligne avait au moins une cohérence permettant, à défaut du reste, de donner une bonne image de la France dans le monde. Or à l’inverse, vous n’avez pas su non plus vous en tenir à une realpolitik efficace. L’attitude à l’égard de la Chine, notamment lors des J.O. de Pékin, est emblématique : vous n’avez été capable ni de vous fâcher avec les Chinois, ni de ne pas leur faire la leçon. Vous perdez donc sur les deux tableaux, en passant pour un importun à leurs yeux, et pour un tartuffe aux yeux des droidlomistes. Et qu’est-ce que c’est que cette façon de déployer des efforts colossaux pour la libération de la détestable Ingrid Bétancourt ? De se fâcher avec le Mexique pour soutenir moralement la douteuse Florence Cassez ? Napoléon savait que le cœur d’un homme d’État doit être dans sa tête, et qu’il faut savoir sacrifier un bataillon pour sauver une armée. Reprenant et élargissant ce qu’il y a de pire dans l’héritage chiraquien : la tyrannie du compassionnel, vous êtes capable d’aliéner la politique d’une Nation pour sauver un seul citoyen. D’où votre manie de vouloir bouleverser la législation dès qu’il y a un chat écrasé quelque part. Vous lisez trop les évangiles et leurs sornettes, c’est ça, vous avez été marqué par l’insensée parabole de la brebis égarée ? Vous feriez mieux de lire la vie de Richelieu, qui était homme d’État avant que d’être homme d’Église, n’hésitant pas à s’allier avec des protestants pour faire la guerre à des catholiques. Tout le contraire de vous : en août 2008, alors que la Russie, avec laquelle nous devrions signer un pacte d’acier pour résister à l’ogre yanqui, imposait son ordre dans les marches de son empire, vous avez volé au secours de la Géorgie de Saakachvili, marionnette de Washington. Par niaiserie humanitaire, ou pur et simple alignement sur les intérêts des EUA ? Je laisse les historiens en décider, mais le maintien absurde de nos troupes en Afganie pendant tout votre mandat plaide pour la seconde hypothèse.
Ces deux points : primat de l’argent et soumission à l’Oncle Sam, à eux seuls, suffisent à faire de vous le président le plus anti-gaulliste, ou le plus anti-nationaliste, de la Cinquième République. Voyons rapidement le reste.
. Dans le domaine social, vous aviez promis de mettre un service minimum en cas de grève dans le service public. Non seulement la loi votée en août 2007 était très timide, mais elle a été abrogée en octobre 2010. Quant à la fameuse réforme des retraites, elle est aussi insatisfaisante, et le régime de la fonction publique n’a pas été totalement aligné sur celui du privé.
. Vous aviez annoncé la mise en place d’une « république irréprochable ». Ce qu’on commence à entrevoir du financement de votre précédente campagne, le copinage coupable de M. Woerth (dont on nous a claironné pendant des mois que sa moralité était au-dessus de tout soupçon) avec l’héritière milliardaire Liliane Bettencourt et les malandrins qui gèrent son pactole, cela donne une idée de votre conception de l’irréprochabilité. Vous avez confié un ministère à Frédéric Mitterrand, amateur déclaré de jeunes prostitués thaïlandais, lequel bien sûr n’a pas manqué de soutenir Roman Polanski, qui refusa lâchement de répondre devant la justice de Californie d’un viol sur mineure. C’est ça, la moralisation de la vie publique ? Vous aviez promu « la valeur travail », et si l’opinion n’y avait mis le holà, vous auriez laissé vos courtisans offrir en 2009 les rênes de l’E.P.A.D. à votre fils Jean, un gamin de 23 ans qui a raté deux fois sa deuxième année de licence de droit ! On attendait la méritocratie, on s’est retrouvé avec le népotisme !
. Dès le début de votre quinquennat, vous avez mis l’accent sur l’ « ouverture » à gauche. Cette stratégie politique totalement stupide n’a pour effet que de montrer votre proximité avec la gauche, voire avec ce que la gauche a de plus pourri. Vous avez confié les rênes de notre politique étrangère à Bernard Kouchner, une des figures les plus remuantes du droidlomisme, l’inventeur du devoir d’ingérence, un fidèle agent d’influence des EUA, un des ennemis les plus acharnés de la souveraineté nationale ! À la fin du quinquennat, vous avez laissé B.-H. Lévy, autre grande figure du droidlomisme, autre militant de l’anti-nationalisme, jouer un rôle majeur dans l’affaire libyenne. Et entre les deux, vous avez confié une commission de réformes à Jacques Attali, l’inspirateur du mitterrandisme ! qui s’est vanté qu’une large majorité des réformes proposées avait été appliquée… Kouchner, Attali, BHL : trois des ennemis les plus acharnés du Front National dont vous demandez maintenant les suffrages ! Qu’est-ce que vous poussez au suprême, l’inconscience ou le cynisme ?
. Dans le même ordre d’esprit, vous avez propulsé au rang de ministre Rachida Dati, Rama Yade et Fadela Amara, trois nullités musulmanes à demi-françaises (puisqu’aussi marocaine, sénégalaise et algérienne), à la moralité douteuse (mensonges sur ses diplômes pour la 1ère, fausse inscription électorale et plagiat pour la 2ème, abus du logement de fonction pour la 3ème), trois grues qui n’avaient d’autre mérite que de vous donner l’image d’un fervent soutien de ces communautés allogènes qui colonisent lentement mais sûrement la France. Les déboires divers que vous avez rencontrés avec elles sont un exemple de justice immanente dont on ne peut que se réjouir.
. Votre inclination pour le communautarisme, cette peste suicidaire, a été confirmée par maints autres éléments. Il y a quelques semaines encore, vous tentiez tout ce qui était possible pour inscrire dans la législation un délit de négation du génocide arménien. Quelle pouvait être l’utilité de cette monstruosité morale, heureusement invalidée, sinon la récolte misérable des voix de la communauté arménienne ? On attendait de vous l’abolition de toutes ces absurdes et scélérates « lois mémorielles », et voilà que vous vous acharnez à en ajouter une nouvelle ! – Il y a cinq ans vous expliquiez avec beaucoup d’à-propos qu’il fallait en finir avec la tyrannie de la repentance. Et un an plus tard, vous lanciez cette idée démente que chaque enfant de cours élémentaire devait adopter un enfant juif mort en déportation ! Le barnum permanent de la Choa ne vous paraît pas déjà assez assourdissant, il fallait le rendre encore plus obsessionnel, plus nauséeux, plus totalitaire ? – Vous expliquez aujourd’hui que votre adversaire ferait passer le vote des étrangers. Mais vous-même aussi y étiez naguère favorable, ainsi que l’atteste votre ouvrage Libre (2001) et des déclarations d’octobre 2005. En somme, vous n’avez pas d’opinion arrêtée sur ce sujet, vous vous laissez guider par le sens du vent : qui peut garantir que d’ici deux à trois ans vous ne seriez pas capable de l’imposer à votre propre majorité, sous l’inspiration imprévisible d’une de ces lubies qui vous traversent chaque semaine ? – Avec une certaine cohérence pourtant, votre choix pour le communautarisme entraîne une remise en cause de la laïcité, déjà amorcée par votre création d’un Conseil français du culte musulman en 2003. Tout le monde a en mémoire votre déclaration catastrophique exaltant le rôle du curé ou du pasteur, au détriment de l’instituteur. Là encore, vous êtes plus états-unien que français.
. Que reste-t-il de votre politique anti-immigrationniste ? Vous avez créé un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, mais vous l’avez supprimé. Vous avez lancé un intéressant débat sur l’identité nationale, mais vous n’avez pas su le mener, et vous l’avez laissé disparaître dans les sables, ou plutôt dans la boue du droidlomisme. L’idée de tests génétiques conditionnant le regroupement familial a également été abandonnée, tout comme l’extension de la déchéance de nationalité. Les quelques chiffres misérables que vous annoncez ne sont que de la poudre aux yeux. 30 000 reconduites à la frontière par an ? Ha ha, la belle affaire que de les chasser par la porte, s’ils peuvent rentrer par la fenêtre ! Dailleurs une bonne partie sont des Roms de Bulgarie et Roumanie, donc des citoyens européens pouvant revenir à volonté, non ? Les expulsion devraient monter à au moins 400 000 par an, pour compenser les 200 000 entrées régulières (et combien d'irrégulières ?). Et aucune avancée en direction de la préférence nationale, évidemment. Tout le monde voit bien que les masses de non-Français inassimilables (je ne fais pas de distinction entre les étrangers officiels et une grande majorité des Français de papier) sont toujours plus nombreuses dans nos villes, et leurs revendications toujours plus pressantes. Votre discours de Palaiseau (17 décembre 2008) indique nettement le fond de votre pensée sur ce sujet : « L’objectif, c’est relever le défi du métissage. […] Ce n’est pas un choix, c’est une obligation, c’est un impératif. On ne peut pas faire autrement. […] Nous devons changer, alors nous allons changer. On va changer partout en même temps : dans l’entreprise, dans les administrations, à l’éducation, dans les partis politiques. Et on va se mettre des obligations de résultats. Si ce volontarisme républicain ne fonctionnait pas, il faudra alors que la République passe à des méthodes plus contraignantes encore. » On ne saurait être plus clair : il faut valoriser à toute force les colorés, il faut obliger les Français de souche à se mélanger aux allogènes, il faut que la France devienne complètement multi-ethnique et multi-culturelle, selon l’atroce modèle états-unien. Vous êtes donc, en vérité, un immigrationniste revendiqué, comme Attali et consorts. Non seulement on ne peut pas compter sur vous pour empêcher Colombey-les-Deux-Églises de devenir un jour Colombey-les-Deux-Mosquées, mais il faut s’attendre à ce que vous fassiez tout pour qu’elle devienne, en attendant, Colombey-l’Église-et-la-Mosquée. – Au passage, on se demande bien pourquoi ce métissage est un impératif, et pourquoi la France ne pourrait pas chercher à persévérer dans son être, celui d’une « nation de race blanche, de religion catholique et de culture gréco-latine », comme disait le Général, ajoutant qu’on ne peut intégrer l’huile et le vinaigre. Faut-il rappeler que l’Algérie de 1962 a su se montrer assez persuasive pour être débarrassée en quelques mois de près d’un million d’Européens indésirables, soit 10% de sa population, qui étaient là depuis plus d’un siècle et avaient apporté une contribution formidable au développement du pays ? Si nous n’imitons pas cet exemple admirable, le peuple français disparaîtra inéluctablement. Mais il préfère ruminer sa culpabilité d’avoir été là-bas, et sa culpabilité de ne pas laisser venir ici tous ceux qui veulent vivre à ses crochets…
. J’ai gardé le pire pour la fin : le traité de Lisbonne, double crime contre la France, parce qu’il aliène sa souveraineté à un Super-État européen, et parce qu’il reprend l’essentiel des dispositions de la Constitution européenne de 2005, nettement rejetée par la voix souveraine du peuple français. Et vous avez maintenant le culot ahurissant de vous présenter comme le candidat de la « France du non » !!! On rêve. Pour moi, je vous le dis tout net, ce traité de Lisbonne relève de rien de moins que de la haute trahison. Vous avez de la chance que je ne sois pas votre successeur, car je vous réserverais le même sort qu’à Pierre Laval : un procès expéditif suivi de douze balles dans la peau. (Si ça peut vous rassurer, tous les parlementaires qui ont ratifié ce traité subiraient le même sort, ainsi que le traîtrissime Henri Guaino, pour l’exemple). Richelieu n’a pas laissé la pitié chrétienne le détourner des impératifs de la raison d’État quand il s’est agi de châtier Cinq-Mars, pas plus que Napoléon à l’égard du duc d’Enghien ou Gaulle à l’égard de Pierre Pucheu, sans parler de la Convention à l’égard de Louis XVI. Pas d’autre issue que l’exécution capitale pour ceux qui conspirent avec l’étranger contre la France.
Il ne vous a pas échappé que ce bilan sommaire était uniquement à charge. Certes, je ne conteste pas que vous puissiez aussi revendiquer quelques réussites. Mais celles-ci pèsent peu en comparaison du passif, et du reste même Giscard, Mitterrand et Chirac, qui ont fait tant et tant de mal à la France, peuvent aussi s’attribuer quelques actions judicieuses. Cependant, pour eux comme pour vous, la balance penche lourdement du côté négatif, pour les raisons indiquées ci-dessus. Il y a cinq ans, lors de votre débat télévisé contre Mme Royal, j’avais été frappé par une de vos dernières phrases : « Je ne vous décevrai pas ». Qui, aujourd’hui, peut prétendre sérieusement que vous ne l’avez pas déçu, et que vous avez tenu ce que promettait votre brillante et courageuse campagne de 2007 ? Certainement pas les électeurs du Front National. J’espère bien que ceux que vous avez dupés alors ne se laisseront pas prendre une seconde fois. Quitte à ce que vous soyez battu, je souhaite que cela soit le plus largement possible, afin qu’on tourne la page du sarkozysme et que les électeurs patriotes comprennent une bonne fois pour toutes que cette voie mène au désastre.
Croyez bien que je ne me fais aucune illusion sur votre adversaire, M. Hollande. Je le tiens pour un médiocre et un mou, digne de ces nullités que la Corrèze donne à la France à chaque génération : Henri Queuille et Jacques Chirac. Je peux même vous dire franchement que je m’attends à ce que lui et ses amis gauchistes fassent encore pire que vous. Mais les ravages un peu supérieurs de la peste ne justifient pas qu’on se rende complice de la propagation du choléra. Les différences entre les deux branches concurrentes mais complices de l’UMPS sont marginales : la « droite » et la « gauche » sont toutes les deux européistes, libérales, immigrationnistes, droidlomistes. Aussi votre parti est-il rempli de notabilités qui sont viscéralement antilepénistes et commencent déjà à annoncer qu’elles voteraient PS plutôt que FN si cette alternative se posait. Et vous voudriez qu’on le remette au pouvoir pour faire barrage aux socialistes ?!? Vous nous prenez pour des poires, ma parole ! La branche gauche de l’UMPS fait des ravages sans doute encore plus dévastateurs, mais elle a un mérite : c’est qu’elle avance à visage découvert, proclamant haut et fort son opposition au sauvetage du peuple français. Alors que la branche droite est hypocrite et perfide, réalisant la même politique mais en déblatérant des discours mensongers destinés à capter la confiance des nationalistes, pour mieux les trahir et les escroquer. Je préfère être frappé de face que poignardé dans le dos. Dimanche 6 mai 2012, je choisirai donc de me retrouver face à un ennemi déclaré plutôt qu’à côté d’un ennemi qui se fait passer pour un allié. Dans les deux cas, la France sera perdue, mais dans le premier cas elle mourra en sachant clairement qui l’a tuée.
Pour conclure, vous me permettrez, par exception, d’emprunter votre propre langage : « Casse-toi, pauv’con ! »

18:39 Écrit par Le déclinologue dans Chronique politique, France | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, élections, front national, gaullisme |
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