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25.08.2016

Mme AZOULAY, MODIFIEZ VOTRE CABINET, NE LE CONSOLIDEZ PAS !

            Depuis une trentaine d’années semble-t-il, les dirigeants politiques ont contracté la manie de saluer la disparition de n’importe quelle personnalité par une pluie d’hommages. Dans les heures qui suivent sa mort, le Président de la République, le Premier ministre, le ministre de la Culture (ou des Sports, ou d’un autre ministère concerné), les chefs des partis, les élus plus ou moins en vue et ceux qui aspirent à l’être, tous bombardent les médias de communiqués pondus par leurs services, célébrant à qui mieux mieux les mérites éminents et l’œuvre incomparable du grand disparu, qui va tellement manquer à la Nation, voire à l’Humanité. Cette manie du communiqué d’hommage mériterait une étude. À vrai dire, je n’ai commencé à y être sensible qu'un peu avant le milieu des années 90 (peut-être grâce aux Guignols de l'info, qui brocardaient ce rite chez Jacques Toubon). Mais j’ai lu Grand amour (1993), le roman où Éric Orsenna transpose son expérience de « plume » de François Mitterrand vers 1982-85, qui atteste qu’elle existait déjà alors [1]. Je serais curieux de savoir ce qu’il en était dans les années 60 et 70, et avant. Malraux, en tant que ministre, a prononcé de grands discours pour les funérailles de Georges Braque et de Le Corbusier qui, recueillis dans ses Oraisons funèbres, font partie intégrante de son œuvre, mais est-ce qu’il se fendait aussi d’un communiqué à la mort de n’importe quel académicien, de n’importe quel lauréat de prix littéraire, d’un cinéaste, d’un chanteur, d’un couturier, d’un cuisinier, d’un champion sportif ? Et de Gaulle, et Pompidou ? Je croirais volontiers que notre hommagite actuelle est une sorte de compensation : nos petits politiques ne vivent plus dans la Culture ni dans l’Histoire, ils ont donc besoin de faire semblant du contraire en établissant un lien entre eux et n’importe quelle figure un tant soit peu mémorable [2]. De Gaulle et Malraux étaient de plain-pied dedans, déjà assurés de leur immortalité : ils n’avaient pas besoin de s’accrocher à la remorque des disparus… Et avant les années 60 ? Eh bien la politique vivait beaucoup moins de communication. La télé n’existant pas et la radio à peine, il n’y avait pas cet appel d’air permanent qui pousse les politiciens à faire incessamment parler d’eux en occupant les ondes le plus souvent possible. Le gouvernement décrétait des obsèques nationales pour Victor Hugo, Maurice Barrès ou Paul Valéry, mais il ne dut sans doute pas publier officiellement sa peine quand moururent Xavier de Montépin, Coquelin aîné, Suzanne Lenglen ou Vincent Scotto.
 
            Si je devenais ministre de la Culture, ma première mesure serait de mettre fin à la pratique de ces communiqués d’hommage, qui font plus de mal que de bien. Ils participent à la dégradation de la parole politique : ils sont trop systématiques, trop proliférants, trop convenus, pour avoir la valeur d’une reconnaissance officielle (telle qu’une décoration ou la dénomination d’un lieu public) qui suppose une sélection réfléchie. Mais en même temps, engageant leur signataire, ils sont beaucoup trop artificiels pour ne pas paraître comme une grotesque imposture dans ce qu’ils ont de personnel. Quand Malraux fait un discours en hommage à Braque ou Le Corbusier, il fait du Malraux, et personne ne peut douter qu’il déclare ce qu’il pense. Quand Hollande, Valls, Fleur Pellerin ou Audrey Azoulay publient un communiqué pour rendre hommage à Pierre Boulez, Michel Tournier, Jacques Rivette ou Yves Bonnefoy, qui peut croire qu’ils pensent ce qu’ils signent ? Tout-le-monde se doute qu’ils ne connaissent que de très loin l’œuvre qu’ils saluent, tout-le-monde sait qu'ils n’ont pas écrit eux-mêmes ces communiqués, et qu’ils auraient même été incapables de les écrire.
Audrey Azoulay.jpg            Non seulement ces communiqués ne servent à rien, mais ils mettent en péril leur signataire en les exposant aux huées à la moindre boulette. Celui que Mme Azoulay, notre nouveau ministre de la Culture depuis le remaniement de février, vient de publier pour saluer Michel Butor en est un remarquable exemple. Écrivain lié au groupe du Nouveau Roman, Michel Butor est surtout connu pour deux romans très ennuyeux mais très prisés dans le monde universitaire, L’Emploi du temps (1956) et La Modification (1957) [3]. Ce dernier est devenu un classique contemporain, qui a fait l’objet dès 1972 d’un volume dans la fameuse collection parascolaire « Profil d’une œuvre » chez Hatier [4]. On peut considérer que, même sans l’avoir lu, connaître son existence fait partie du bagage culturel de l’honnête homme. Mais pas de Mme Azoulay apparemment, puisque son communiqué trouve le moyen de modifier La Modification, en rebaptisant ce roman La Consolidation. Pas non plus, signalons-le en passant, de la greluche de France-Infos qui lisait les dépêches hier soir : vers minuit, je l’ai entendu rebaptiser l’œuvre la plus connue de Michel Butor La Modération. Au moins l’erreur était-elle moins grande, puisque les deux mots sont phonétiquement proches. On peut même, par indulgence, supposer que le titre était correctement écrit sur son papier et qu’elle a fait un lapsus.
            Il n’est pas possible d’être aussi indulgent avec Mme Azoulay, qui vient de placer la barre assez haut dans le concours des bévues culturelles de nos politiciens, suscitant à juste titre la consternation générale, dont témoigne par exemple cet article de Laurent Nunez dans Marianne.  Michel Butor.jpgIl y a quelques années (avril 2011), on avait fait des gorges chaudes de Frédéric Lefebvre, alors secrétaire d’État à la Consommation, répondant que le livre qui l’avait le plus marqué dans sa vie était Zadig et Voltaire ; ce n’était pourtant, peut-être, qu’un petit lapsus très banal, correspondant par pure coïncidence au bizarre nom d’une marque de fringues pas très connue. Qu’aurait-on dit s’il avait répondu Zadig et Rousseau, ou Carmen et Voltaire ! En mai 2015, on a aussi tourné en dérision Nicolas Sarkozy pour avoir, dans un touit, intitulé le dernier roman de Victor Hugo 1793, alors que son vrai titre est Quatre-vingt-treize : une erreur tout-à-fait vénielle, qu’on avait dû commettre dix-milles fois avant lui. L’erreur d’aujourdhui est plus lourde, et surtout, elle est logée au cœur d’un texte officiel.
            Entendons-nous. On n’attend pas forcément d’un ministre de la Culture qu’il soit d'une érudition impeccable lui permettant de briller au Jeu des 1000 euros ou à Questions pour un champion, en sortant du tac-au-tac les principaux titres de Michel Butor ou de n'importe quel autre écrivain français. On admet volontiers qu’un ministre de l’Agriculture n’est pas censé savoir traire une vache ni un ministre de la Santé savoir faire une transplantation cardiaque ; on a plus de mal à admettre qu’un ministre de la Culture n’est pas censé avoir lu tous les livres, vu tous les films, écouté toutes les musiques, contemplé tous les tableaux : on a tort. On peut être un très bon ministre de la Culture, savoir piloter son administration, faire avancer ses dossiers, défendre son buget, mettre en œuvre des projets visionnaires, et néanmoins présenter quelques lacunes en littérature des années 50. L’erreur aurait été commise dans une interviou orale, on y aurait vu un simple lapsus, moins fâcheux que la panne de son prédécesseur, Fleur Pellerin, incapable de donner un titre de Patrick Modiano tout frais prix Nobel [5].
              Mais ce n’est pas une erreur orale. Ce qui est grave, c’est que personne dans son cabinet n’ait repéré la grosse boulette qui entache son communiqué d'hommage à l'auteur de La Modification. Un tel communiqué, je le sais d’expérience, a été rédigé par la personne du cabinet chargée des discours et messages. Il y a peut-être même une cellule de presse, avec plusieurs collaborateurs qui peuvent s’épauler. Ensuite, le texte de ce communiqué a été relu et visé par au moins une autre personne, le directeur du cabinet. On peut même supposer qu’il a été relu par quatre personnes : le conseiller chargé du livre et de la littérature, le chef du service de presse qui contrôle tout ce qui est publié, le directeur du cabinet et le ministre lui-même. Il est donc ahurissant que personne n’ait vu l'erreur de titre, que personne n’ait ouvert un dictionnaire pour vérifier que tout était exact. Il n’y a aucun érudit de référence dans le cabinet du ministre de la Culture, aucun incollable sur les grands noms de la littérature ? Dans le cabinet de n’importe quel autre ministère, admettons, mais dans celui de la Culture ? Personne pour détecter les bévues culturelles qui risqueraient de discréditer le ministre en suscitant les risées de tous les médias et des « réseaux sociaux » ? C’est à se demander si l’erreur ne serait pas volontaire : est-il inimaginable que le rédacteur du communiqué, sur le départ et plein de rancœur envers sa patronne, ait sciemment commis cette erreur de titre, afin de se venger de Mme Azoulay en la ridiculisant ? [6] Faute de cette hypothèse romanesque mais presque rassurante, il faudrait admettre que, dans le cabinet de l’actuel ministre de la Culture, on n’est pas fichu de pondre un texte manifestant une connaissance élémentaire de la littérature contemporaine.
              Il y a beaucoup plus grave que l’ignorance d’un ministre : l’amateurisme de son équipe.

Azoulay sur Butor.jpg


            Et ce n’est pas tout ! La lecture attentive du communiqué révèle d’autres détails déplaisants :
- La mise en page suit la détestable norme américaine : des paragraphes espacés par une interligne mais dépourvus d’alinéa.
- « … compagnon d’aventure du Nouveau Roman, d’Alain Robbe-Grillet, de Nathalie Sarraute ou de Claude Simon » : c’est un peu étrange de juxtaposer un nom de groupe et les noms d’individus qui le composent. Est-ce qu’on dirait : compagnon des Beatles, de Lennon, de McCartney ?
- Le mot « œuvre » est écrit deux fois, la seconde fois correctement, mais la première fois « oeuvre », avec les deux premières lettres séparées et non mêlées.
- Le titre La Consolidation n’est pas seulement faux, il est aussi encadré de guillemets au lieu d’être en italiques.
- Ce titre est également mal typographié, puisque l’usage français veut qu’on mette une majuscule au premier substantif (ou premier adjectif) d’un titre.
- À deux reprises, le texte utilise les guillemets droits anglais (" "), au lieu des guillemets chevrons à la française (« »).
- « … celui qui obtint le prix Renaudot pour "La consolidation", semblait animé… » : pourquoi cette virgule entre le sujet et le verbe ?
- « … animé d’un formidable appétit de découvertes et d’expériences mais sans doute plus encore du plaisir de… » : dans cette phrase bien longue, il convenait en revanche de ménager une respiration en mettant une virgule avant la conjonction « mais ».
- « … partager chacune d’elle par le texte-prose ou poésie » : mais qu’est-ce que c’est que ce charabia ? Le texte-prose ?? Je n’ai jamais rencontré ce mot-composé. Si tant est qu’il existât dans l’idiolecte butorien, il convenait d’écrire : « par le texte-prose ou par la poésie ». Mais la formule naturelle était plutôt : « le texte en prose ou en poésie » ou « le texte prosaïque ou poétique ».
- « … il s’illustrera… » : ce futur, alors que la phrase précédente est à l’imparfait, n’est pas très bien venu.
- « … adresse à sa famille et à ses proches, ses sincères condoléances » : encore une virgule incongrue. On ne sépare pas ainsi le C.O.D. Si on tenait absolument à ménager des pauses (quoique le rédacteur ait montré dans le deuxième paragraphe qu’il pouvait aligner trente-deux mots entre une virgule et un point), il fallait mettre une autre virgule entre « adresse » et « à sa famille », afin d’encadrer le C.O.S.
 
            Onze taches sur ce court texte, en plus de sa grosse erreur, c’est tout de même beaucoup pour une publication du ministère de la Culture ! Son rédacteur mérite un zéro pointé et le renvoi immédiat. « Amenez-moi un agrégé qui sache écrire », aurait dit de Gaulle en 44 à son directeur de cabinet René Brouillet, qui lui présenta son camarade archicube Georges Pompidou. Il est urgent que Mme Azoulay remanie son cabinet et fasse la même demande ! On n’attend pas, je le répète, qu’un ministre de la Culture soit imbattable à Questions pour un champion. Mais on peut attendre que le ministère de la Culture ne publie que des textes en bon français, sans méprise affligeante, des textes respectant la langue française et les usages d’écriture français. Des textes qui donnent l’exemple au lieu de nous faire honte. Et on attend aussi des dirigeants politiques moins de bavardage et plus de pensée, moins de communication et plus d’action.

 

 

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[1] Ce roman hautement fantaisiste n’a toutefois aucune valeur documentaire. On y reconnaît, non nommés ou affublés de noms d’emprunt, des personnages de l’Élysée (Hubert Védrine, le docteur Gubler, Jacques Pilhan et Gérard Collé, Georgette Elgey, etc), et des anecdotes authentiques car attestées ailleurs (Thierry de Beaucé achetant un château qu’appréciait Mitterrand pour pouvoir l’y inviter, p. 230-231 de l’édition Points-Seuil n°11, 1995 ; Mitterrand allant déjeuner chez Michel Tournier pour y parler de Zola, p. 146-148), mais aussi bien d’autres qui ne peuvent être qu’inventées. L’auteur ne se soucie même pas de vérifier les détails : ainsi fait-il de Jacques Delors le président de la Commission européenne lors du sommet de Versailles en 1982 (p. 105). — Trois pages, 116-118, sont consacrées à la rédaction des messages nécrologiques. Le narrateur prétend entretenir un réseau d’informateurs dans les hôpitaux, de façon à être averti le premier des décès d’une personnalité. Ainsi : « Je gagne toujours, presque toujours, la course du chagrin. Car une fois tombée la mauvaise nouvelle, l’annonce d’un trépas quelque peu considérable, tout le monde se précipite. Président, Premier ministre, ministre concerné, opposition… Chacun veut montrer sa peine avant les autres. Trop tard, mesdames, messieurs, Gabriel a déjà rédigé son télégramme de condoléances. / Parfois, nous ne savons même pas à qui les envoyer, ces télégrammes. Les célébrités n’ont pas toujours de famille. Alors, nous les adressons aux principaux journaux, faute de mieux. Les condoléances flottent dans l’air, sans personne sur qui se poser. C’est un peu triste. Mais, finalement, la presse n’est-elle pas la vraie famille des célébrités ? » (p. 117). Je ne crois pas à ce réseau d’informateurs hospitaliers permettant au nègre élyséen de devancer à chaque fois ses concurrents. Mais que penser de ceci : vers 1985, l’hommage présidentiel était dabord purement privé, et c’est seulement par accident et par exception qu’il était publié sous forme de communiqué de presse ?

[2] D’autres motivations doivent aussi jouer, bien sûr. Je me demande dans quelle mesure il n’y aurait pas, inconsciemment, la crainte que ces grands noms du passé, qui ont contribué au rayonnement de notre pays, ne trouvent pas leurs successeurs dans les nouvelles générations, de telle sorte qu’avec leur mort, c’est un peu de la gloire de la France qui disparaît à jamais.

[3] Je suis très sceptique quant à ses chances de survie à long terme. Son œuvre vaste et multiforme comprend un grand nombre d’essais critiques, notamment la série des Improvisations. Chaque fois que j’ai été amené à les ouvrir, j’ai été frappé par leur vacuité et leur gratuité : soit des pages de platitudes sans intérêt, soit des hypothèses fantaisistes dépourvues de justification.

[4] Cette étude de Bernard Lalande a, semble-t-il, été réimprimée jusqu’en 1996, mais a maintenant disparu du catalogue. C’est qu’il ne doit pas y avoir, depuis vingt ans, beaucoup de professeurs de français assez insensés pour faire étudier ce livre soporifique à leurs classes de première !

[5] Cette nâvrante ignorance – qui prouve une fois de plus que les politiques ont plus à perdre qu’à gagner en allant faire les guignols sur les plateaux de télévision – avait suscité une belle tribune de Christian Combaz dans Le Figaro. Il reprochait à Mme Pellerin (qui a plus tard plaidé le trou de mémoire) d’avoir manqué de professionnalisme : « Quand on est chargé de la promotion de la culture française, le matin où l'on apprend que Patrick Modiano a décroché le prix Nobel, on tape son nom sur Wikipédia à l'heure du café. Dans l'ascenseur on se fait résumer Villa Triste. On demande un dossier de presse avant dix heures et demie. N'importe quel cadre commercial à qui l'on vient d'annoncer l'obtention d'un nouveau marché se rue sur les informations du tribunal de commerce. La ministre de la culture, en recevant un coup de fil de chez Gallimard, serait donc incapable de bachoter son sujet une demi-heure avant que les caméras ne débarquent ? » Ce à quoi on peut répondre, comme l’ont fait certains,  par exemple ici ou , que Mme Pellerin a de la sorte offert une sincérité rafraîchissante, rompant avec la culture de l’esbroufe, avec ces polytechniciens et ces énarques qui « savent tout, mais rien d’autre » (comme disait Clemenceau), avec ce vernis qui cache le vide, ces fiches qui remplacent l’acquisition personnelle, ce bachotage qui se substitue à la culture. Voilà un débat qui me trouve bien partagé. C. Combaz le place avec raison sur le terrain de la civilité : «Tant de fois pour ma part, avant d'aller dîner chez un écrivain, avant d'aller au théâtre sur une aimable invitation de l'auteur, j'ai commandé un ouvrage ou consulté des articles, la veille, pour rafraîchir ma mémoire à leur sujet. Je ne suis pas ministre, je suis simplement poli. » En effet, il n’y a pas de politesse sans hypocrisie, mais doit-on pour autant encourager nos politiciens à montrer une vaine infaillibilité dans leurs numéros de cirque médiatique, au lieu de se construire une personnalité forte, avec ce que celà suppose de lacunes ? C. Combaz emporte néanmoins la conviction en élevant le débat : « Le problème est que vous n'étiez pas en mesure, à l'occasion de cet événement, de promouvoir l'image de la France à l'étranger, au moment où elle est si souvent écornée dans d'autres domaines. Le scandale est que vous n'ayez pas saisi cette chance pour prononcer un discours intelligent, que le monde entier aurait écouté, sur la sensibilité littéraire de la France, sur l'importance que revêt la littérature dans la vie sociale de notre pays. Et la raison pour laquelle vous ne l'avez pas fait, c'est que vous en ignorez tout. » Eh oui, dans le pays de de Gaulle et de Malraux, on ne peut pas ne pas attendre que nos dirigeants aient du souffle littéraire, le sens de la grandeur,  la conscience du destin historique de la France. Pour notre malheur peut-être, on ne peut pas se satisfaire qu’ils soient de parfaits gestionnaires et d’exemplaires technocrates.

[6] Vieux fantasme des nègres politiques… Je ne sais plus où j’ai lu que le rédacteur des discours de Ronald Reagan racontait qu’il rêvait, à l’occasion d’une intervention importante devant la presse internationale, de mettre entre les mains du président une épaisse liasse, dont seules les deux premières feuilles auraient été rédigées, la troisième portant : « Et maintenant, espèce de con, tu te débrouilles tout seul ! »

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