Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21.09.2012

RAYMOND DOMENECH ET LE DROIT DE VOTE DES ÉTRANGERS

            Le procès de Raymond Domenech en tant qu’entraîneur-sélectionneur n’est plus à faire. Il a déjà été mené par tous les amateurs français (et étrangers) de ballon-rond, qui l’ont jugé coupable à une écrasante majorité : absence totale du moindre titre, y compris en tant que sélectionneur de l’équipe de France espoirs, entre 1993 et 2004 (avec une génération qui devait ensuite tout gagner chez les A), et auparavant en cleube (c’est à peine si on peut relever une 1ère place du championnat de D2 avec Lyon, en 9 saisons comme entraîneur de Mulhouse et Lyon, entre 1984 et 1993) ; qualifications hyper-laborieuses aux tournois de 2006, 2008 et 2010 [1] ; joutes amicales poussives voire lamentables [2]; désastres affligeants à l’Euro 2008 et au Mondial 2010, qui ont fait de la France la risée du monde ; victoire frauduleuse en barrage contre l’Irlande en novembre 2009 (la « main de Thierry Henry ») ; pantalonnade honteuse de Knysna (insulte d’Anelka, soutien des joueurs à l’insulteur, dissensions dans le groupe, brimades de la racaille Ribéry à l’encontre du trop poli Gourcuff, fronde contre l’encadrement, grève de l’entraînement, etc) ; incapacité à fixer une équipe-type et s’appuyer sur elle dans la durée ; médiocrité individuelle de joueurs pourtant brillants dans leur cleube ; mise à l’écart de joueurs talentueux pour des causes incompréhensibles ou liées à des querelles privées (notamment Pirès, Trézéguet, Mexès, Frey) ; "communication" désastreuse, fondée sur la provocation permanente, l’agressivité à l’égard des adversaires (notamment les Italiens), l’arrogance face aux médias ; impudence égocentrique qui confine au camouflet infligé à toute la nation. Tout cela déteignait sur les joueurs, qui se faisaient remarquer par une attitude navrante aussi bien sur le terrain (ne dégageant aucune envie de se faire plaisir, aucune joie de jouer au ballon, aucun entrain, aucune solidarité, aucun amour du maillot, aucun respect du public qui les nourrit) qu’en-dehors (distance flagrante à l’égard des supporteurs, vite ressentie comme du mépris), comme si l’entraîneur avait doublement failli dans sa mission d’éducateur, en ne les incitant pas à corriger leur attitude inconvenante… voire en leur communiquant la sienne. Et par-dessus tout : incohérence voire absence de tout schéma tactique clair, absence de fond de jeu, obsession mesquine et déprimante de la non-défaite [3], joutes désespérément soporifiques. On peut accepter soit des défaites répétées, quand elles sanctionnent un style offensif et enchanteur ; soit un jeu terne et petit-bras, quand il enchaîne les succès. Mais cumuler l’ennui et l’échec, c’est impardonnable.
            La seule pièce à décharge du procès Domenech est la médaille d’argent du Mondial 2006. Mais l’avis général est que celle-ci doit fort peu à l’entraîneur, beaucoup à la solidité des cadres (Thuram, Vieira, Makelele, Sagnol, Henry) [4], et plus encore à l’état de grâce retrouvé par Zidane dans deux joutes miraculeusement accomplies (le 8ème contre l’Espagne et le quart contre le Brésil), les trois du premier tour ayant été consternantes, et les deux dernières assez ternes et stériles [5]. Quand il a pris l’équipe de France à l’été 2004, elle était 2ème au classement FIFA ; quand il l’a lâchée à l’été 2010, elle était tombée à la 21ème place. Un bilan aussi accablant a définitivement grillé celui qui, avant de devenir entraîneur, avait eu une première carrière de joueur où il s’était illustré comme un « défenseur rugueux », c’est-à-dire un casseur d’attaquants. Il était du reste surnommé « le boucher ». Au moins deux enquêtes biographiques avaient, avant le fiasco de 2010, alerté l’opinion publique sur l’incompétence et les impostures du personnage : celle de Jennifer Mendelewitsch (Raymond Domenech, hors-jeu, éd. Favre, octobre 2009) et celui de Bruno Godard (Domenech : histoires secrètes d’une imposture, éd. Jean-Claude Gawsewitch, janvier 2010), auxquelles il faut ajouter le coup-de-gueule de Jean-Michel Larqué : Vert de rage, Calmann-Lévy, janvier 2010.
 
            Cependant, le joueur et l’entraîneur sont des facettes du personnage, le citoyen en est une autre. Ce n’est pas parce qu’il est nul pour diriger une équipe de foute que Domenech serait ipso facto un mauvais bougre ou un pauvre con. Certains éléments révèlent une personnalité intéressante, et très originale dans son milieu : ainsi sa maîtrise de l’expression orale (songeons aux circonlocutions opaques et embarrassées de ses deux prédécesseurs, Roger Lemerre et Jacques Santini, et même aux pauvres platitudes de ses successeurs Blanc et Deschamps !), ou son amour pour le théâtre.
            À l’inverse, d’autres éléments ou évènements alimentent la méfiance : sa passion pour l’astrologie ; le fait qu’il ait revendu au marché noir des places que la F.F.F. lui avait fait avoir gratuitement lors du Mondial 94 (d’où six heures de garde à vue par la police de Boston, qui l’a relâché contre une caution de 500 dollars) ; sa façon de demander sa compagne Estelle Denis en mariage devant les caméras, alors qu’on l’invitait à assumer la cuisante élimination des Bleus à l’Euro 2008 ; son refus de serrer la main de son collègue Carlos Alberto Parreira, sélectionneur de l’Afrique du Sud (pays hôte du Mondial 2010), comme le veut la coutume, une fois la joute terminée. Et de manière générale une certaine morgue butée, une certaine façon de se ficher du monde en provoquant les journalistes et, derrière eux, les supporteurs de l’équipe de France. De multiples anecdotes, dans les livres précités, font état du tempérament méprisant du personnage, habitué à écraser les autres de ses certitudes orgueilleuses et à ne jamais s’expliquer de ses choix personnels auprès des joueurs, ce qui pouvait légitimement les égarer et les blesser à la fois. Tout cela donne une bien piètre image du bonhomme.
 
            Mais enfin, le doute persistait. Par justice élémentaire, on gardait ouverte la possibilité qu’il fût un type intelligent et estimable.
            Or le doute commence à se dissiper. Depuis quelques semaines, l’insupportable Marc-Olivier Fogiel, qui a repris la tranche 18h-20h sur RTL, a eu l’idée faussement judicieuse de faire venir de temps en temps Raymond Domenech parmi l’équipe de polémistes de l’émission quotidienne de débat On refait le monde. domenech,rtl,fogiel,on refait le monde,mondial 94,médias,stigmatisation,élections,droit de vote des étrangers,carlos alberto parreira,estelle denis,afrique du sud,main de thierry henry,jean-luc mano,elisabeth lévy,racisme,xénophobie,droidlomisme,nationalité,france,francité,étrangers,cyrano,demi-finale de séville,hidalgo,impôts,suffrage censitaire,verts,npa,raymond domenech,gonzalo higuain,jorge higuain,stade brestois,lyon,ol,giscard d'estaing,coblence,fff,imposture,jennifer mendelewitsch,bruno godard,larqué,anelka,laurent blanc,didier deschamps,ribéry,zidane,arrêt bosman,mondial 2010,euro 2008On a donc, enfin, la possibilité d’entendre Domenech donner son point-de-vue sur des sujets d’actualité qui n’ont rien à voir avec le foutebôle. Jusqu’à présent, j’étais juste consterné par la platitude infinie de ses interventions, mélange de lieux-communs gauchistes et de plouquitude de lecteur de France-Foutebôle. Mais ce jeudi 20 septembre 2012, en exprimant son avis sur le droit de vote des étrangers, Raymond-l’inconscience a franchi d’un coup plusieurs tours de qualification dans la coupe de France de la bêtise crasse et de l’ignominie citoyenne. Ceux qui lui gardaient encore quelque considération se sont pris le pénaltir de la 120ème minute, assorti d’un carton rouge.           
                 J’ai téléchargé la bande de l’émission dès qu’elle a été disponible sur le site rtl.fr, ce qui me permet de vous retranscrire mot à mot sa prise de parole, qui vaut son pesant de sifflets arbitraux. (Je l’ai toutefois légèrement lissée pour que le bredouillis oral donnât un texte écrit à peu près lisible).
 
            « Moi ça m’inquiète qu’il y ait plus de 60 % des gens qui soient contre [le droit de vote des étrangers, d’après un sondage dont le présentateur vient de faire état], et ce débat, cette discussion c’est stigmatiser justement l’étranger. On est en train de dire : on rejette. Quelque part, c’est ça qu’on est en train de faire, et c’est dommage. C’est pour les élections locales, je rappelle, c’est pas pour autre chose. Il y a des gens qui sont investis dans la vie civile, qui payent leurs impôts, je ne vois pas pourquoi, moi, ils n’auraient pas le droit de voter, parce qu’ils arrivent d’un autre pays, qu’ils sont installés, ils ont acheté un appartement, ou ils le louent, ils payent toutes les charges, toutes les taxes. Je ne vois sincèrement pas où est le problème, à part de faire peur aux gens contre les étrangers. »
            Jean-Luc Mano et Élisabeth Lévy lui font pertinemment observer que l’argument des impôts est une double aberration : d’une part parce que c’est un rétablissement subreptice du vote censitaire (faut-il priver du droit de vote les gens qui ne payent pas d’impôts ?), d’autre part parce qu’alors, les impôts n’étant pas seulement locaux mais d’abord nationaux, on ne voit pas pourquoi il faudrait se limiter aux élections locales et ne pas leur accorder aussi le droit de vote à toutes les élections. Réponse de Raymond-l’antifrance, qui après avoir laissé passer une dizaine de sottises à l’aller, va marquer plusieurs fois contre lui-même au retour :
            « Ben l’intégration c’est de dire : ils sont comme nous. C’est pas de dire : ce sont des étrangers. Quelque part, c’est des gens qui vivent. Moi, je suis contre cette idée de dire… C’est pas le droit de la nationalité, c’est le droit de... On est sur place, on vit comme les autres, on paye, on participe à la société.
J.-L. Mano : – Pourquoi seulement aux municipales, alors ?
R.D. : – Parce que c’est une vie locale, je veux dire. Après, qu’on intervienne avec la nationalité…
É. Lévy : – Ils participent aussi à la vie de la nation.
R.D. : – Ah bah si vous êtes d’accord avec moi, on peut y aller aussi, on peut aussi aller sur tout, alors je veux dire. Je préfèrerais, mais pour le moment, le débat, il est simplement sur les élections locales. »
 
            J’ai rarement entendu des conneries aussi gratinées sur la question du droit de vote des étrangers. Donc, selon R. Domenech, pour synthétiser :
          1°- Il n’y a pas de différence entre les Français et les étrangers. « Ils sont comme nous ». Il n’y a dès lors aucune raison de les traiter différemment. J’en infère que tout être humain devrait être juridiquement considéré comme un citoyen français.
         2°- L’intégration a une solution : il suffit de traiter immédiatement les immigrés comme des Français de plein droit. « Je ne vois pas où est le problème ».
         3°- Toute autre attitude relève du « rejet », de la « stigmatisation ». Il est fortement « inquiétant » qu’une majorité de Français rejette le droit de vote des étrangers, autrement dit persiste à considérer que les étrangers sont des étrangers, ce qui est une révoltante discrimination. Corollaire implicite : le fachisme menace plus que jamais.
        4°- La vie civile (vie civique ?) consiste essentiellement en des opérations économiques : acheter ou louer un logement, payer des impôts, des charges, des taxes. 
            Je ne suis pas sûr que même les militants des Verts et du NPA soient majoritairement assez angéliques pour soutenir cette vision foutebôlistique de l’immigration ! En général, ils sont favorables à une complète égalité de droits entre Français et étrangers, mais ne vont pas jusqu’à dénier toute réalité à la notion de nationalité (je me fais peut-être des illusions). Domenech, si. L’homme qui a eu en charge l’équipe de France de foutebôle pendant six ans (et dieu sait si, dans le monde actuel, le foute est devenu la première vitrine des nations) refuse de faire une différence entre un Français et un non-Français.

            Il paraît que les sportifs professionnels, quand ils votent, penchent nettement à droite. Si c’est vrai, je crois que l’unique motif qui les incline de ce côté est financier : ils votent pour le parti qui leur diminuera le moins possible leur indécent magot (le point n°4, ci-dessus, est très révélateur), car le fric est la première préoccupation de ces abrutis catapultés brusquement au firmament de la notoriété en raison de leur performances corporelles. Mais pour toutes les questions sociétales, ce sont des bobos droidlomistes comme tout le monde. Ils ne pensent pas, donc adoptent mécaniquement les idées qui sont dans l’air du temps. Comment ces mercenaires, qui changent d’employeur comme de chaussures, qui considèrent la sélection nationale comme une simple exposition pour doper leur salaire de cleube et leurs contrats publicitaires (et ramasser au passage les primes offertes par la fédération), qui passent leur vie à se vendre au plus offrant (fût-il mafieux ou qatarien), comment ces porte-marques pourraient-ils avoir le moindre conscience nationale ?
            C’est ici qu’il faut se souvenir d’une circonstance par laquelle Raymond-l’ignorance avait déjà prouvé à quel point la francité est une notion vide de sens pour lui.
            En novembre 2006, le jeune attaquant Gonzalo Higuain, qui n’a pas encore tout-à-fait 19 ans, explose sous le maillot du cleube portègne de River Plate. Son père, Jorge Higuain, était lui aussi foutebôleur professionnel. Il est né en Argentine, et a fait toute sa carrière en Argentine, à l’exception d’une seule petite saison au Stade Brestois, en 1987-88. Or c’est pendant cette saison qu’est né son fils Gonzalo (le 10 décembre 1987). Dès l’été 1988, Jorge Higuain, qui a signé à River Plate, regagne son pays avec sa petite famille. Gonzalo Higuain est né de parents argentins, il n’a passé que les tout premiers mois de sa vie en France puis tout le reste à Buenos Aires, il ne parle pas un mot de français. Il est donc évident qu’il n’a rien à voir avec la France, laquelle n’aura été pour lui qu’un lieu de transit pendant qu’il était un nourrisson, lié aux hasards de la vie professionnelle de son père. Mais une législation imbécile lui a conféré la nationalité française pour la seule raison que sa mère l’a accouché à Brest. Aussi notre Raymond-l’indécence n’a-t-il pas hésité à le convoquer en équipe de France. Il savait parfaitement qu’Higuain ignore tout de la France, à commencer par sa langue, et n’est donc pas plus français que V. Giscard d’Estaing (né à Coblence) n’est allemand. Mais il voulut saisir la possibilité d’offrir aux Bleus un futur grand attaquant. Fort heureusement, Gonzalo Higuain déclina l’invitation, car ce garçon, évidemment, se sent argentin, et ne rêvait donc que de porter le maillot ciel et blanc [6].
            Ce petit épisode montre bien ce que c’est que la France pour Raymond Domenech : non pas une identité, mais un pur statut administratif. Faire jouer en équipe de France un joueur qui n’est pas français ne posait à ses yeux aucun problème. L’efficacité avant tout ! Enfin, l’efficacité… il faut être vraiment un très mauvais entraîneur pour croire qu’on peut bâtir une équipe nationale en additionnant des talents individuels incompatibles, dépourvus de tout esprit commun et de tout amour du maillot national. On comprend mieux, à la lumière de cette horrible mentalité, pourquoi notre sélection s’est racaillisée sous son interminable règne, pourquoi les joueurs semblent avoir perdu tout plaisir à se retrouver ensemble, à honorer les couleurs nationales, à tout donner pour le public français.
            Voilà le traître que les gérontes aveugles de la F.F.F. ont nommé et maintenu six ans à la tête de l’équipe de France, alors que son incompétence était flagrante pour tout le monde.
            Grâce au cadeau empoisonné de M.-O. Fogiel, qui nous aura permis de découvrir ce qu’il y a dans la tête de Raymond Domenech et quelles opinions aberrantes il est capable de proférer avec sa présomption habituelle, la conclusion s’impose : on a maintenant raison de penser qu’il est bel et bien ce qu’on soupçonnait qu’il était : un sombre crétin doublé d’un sinistre connard.



[1] Pour le Mondial 2006 : quatre victoires contre Chypre et îles Féroé, mais contre les trois autres équipes fortes du groupe (Suisse, Israël, Irlande) : trois 0-0 à domicile, deux 1-1 et un chanceux 1-0. Pour l’Euro 2008, on se souvient notamment de deux défaites contre l’Écosse. Pour le Mondial 2010 : la France termine derrière la Serbie, après avoir perdu en Autriche et fait deux nuls contre la Roumanie, qui termine pourtant avant-dernière du groupe. Lors du Mondial, la Serbie sera dernière de sa poule du 1er tour.

[2] Par exemple : défaite 0-1 à domicile contre l’équipe bis du Nigéria en juin 2009 ; et en mai-juin 2010 : courte victoire 2-1 à domicile contre le Costa-Rica non mondialiste ; nul 1-1 contre la Tunisie non mondialiste ; défaite 0-1 à domicile contre l’équipe bis de la Chine (!!!).

[3] Ce refus de l’offensive est un péché capital pour une équipe qui fut jadis surnommée « les Brésiliens de l’Europe » et avait un jeu tourné vers l’attaque, fût-ce au détriment de l’efficacité – mais c’est du pays de Cyrano qu’on parle. Si l’équipe d’Hidalgo et de Platini reste à jamais mythique, si la demi-finale de Séville reste la joute la plus importante de toute l’histoire du foute tricolore, c’est parce qu’elles correspondent au caractère national, à cette « furia francese » qui fit la réputation de nos armées. L’Anglo-Saxon et l’Allemand ne cherchent que l’efficacité, ils se moquent de la manière, ils se satisfont d’un gain médiocre. Le Français préfère la manière, le style, l’éclat. Rien ne le comble tant qu’une « victoire morale » pleine de panache, même si tout doit être perdu… fors l’honneur.

[4] Il est assez notoire qu’au sortir du premier tour, les cadres de l’équipe ont même « repris les choses en main », autrement dit ont fait prévaloir leurs choix sur ceux du sélectionneur. Ces mêmes cadres que Domenech, à peine arrivé en 2004, avait décidé d’écarter, avant de les faire revenir à l’été 2005 pour réussir la qualification…

[5] Notons qu’en sept joutes, les Bleus n’ont marqué que neuf buts, dont deux sur coup-franc, deux sur pénaltir et un quelque peu offert (le troisième contre l’Espagne, celle-ci s’étant ruée tout entière dans le camp adverse en fin de joute pour tenter d’égaliser, d’où un contre facile). Restent quatre buts concluant une phase de jeu construite, dont un contre la Corée du Sud et deux contre le Togo. Si la loterie des tirs aux buts nous avait donné le trophée, c’eût été une conquête vraiment peu glorieuse. Les trois dernières joutes (quart, demi et finale) n’ont donné lieu qu’à trois buts : un coup-franc et deux pénaltirs. À titre de comparaison, l’Italie a marqué en tout douze buts dont six dans les trois dernières joutes, et l’Allemagne quatorze dont quatre.

[6] En fait, le père et le fils firent alors preuve d’une grande roublardise. D’une part en conservant le passeport français de Gonzalo, qui lui permet de jouer en Europe en tant que joueur « communautaire », car les cleubes de l’U.E. peuvent employer un nombre illimités de ressortissants de l’U.E. (depuis le catastrophique « arrêt Bosman »), mais ne peuvent pas dépasser un quota d’étrangers (C’est pourquoi nombreux sont les foutebôleurs sud-américains et africains qui ont une deuxième nationalité européenne). D’autre part en déclarant hypocritement que Gonzalo envisageait de jouer pour la France, ce qui n’avait pour but que de faire pression sur le sélectionneur argentin, qui tardait à l’appeler dans l’Albicéleste. Tout rentra dans l’ordre quand il put enfin jouer pour l’Argentine, d’abord en février 2008 chez les moins-de-23-ans, puis en septembre 2009 en équipe A.